La cuisine intellectuelle

Publié le 3 Juin 2014

Comme vous le savez maintenant, j'aime parler de sujets différents même si La Nature se place au premier plan de ce petit bout de toile.

Dimanche dernier, j'ai accepté avec plaisir une invitation à déjeuner dans un restaurant gastronomique qui se veut "nouvelle cuisine". J'ai envie de rajouter "inventive".

Le restaurant ne m'était pas inconnu. J'ai eu la chance d'y aller à de nombreuses reprises il y a quelques années, mais j'ai arrêté cette expérience car le jeune chef commençait à prendre un tournant qui ne plaisait pas à mes papilles.

Quatre ans plus tard, je réitérais l'essai avec une curiosité toute neuve et une curiosité aux aguets.

A peine avoir passé le pas de l'entrée, j'ai trouvé un côté austère a une décoration quelque peu changé. C'était juste une première impression accentuée par la vue d'une immense toile peinte en noir et blanc dont je n'arrivais pas à dévier mon regard.

Comme je n'ai pas pris de photo je ne peux que décrire ce que j'ai ressenti. Quelques légumes dansant la carmagnole avec des têtes pas trop sympathiques, dont un avait l'air de cracher ses racines!

Attention, ce tableau est peut être l'oeuvre d'un grand maître actuel mais n'ayant pas peur de passer pour une ringarde, je me suis sentie quelque peu agressée par les yeux dominateurs de ces légumes surexcités!

Enfin à table, ma curiosité était complètement émoustillée. J'oubliai mon premier sentiment et m'accrochais à l'idée que j'allais vivre une expérience culinaire hors-pair.

Un menu comportant plus d'une quinzaine de plats, nous réserverait certainement de grandes surprises. Il faut vous dire que le nombre de plats ne doit pas vous faire peur. Plus vous en avez et plus la quantité de mets servis dans l'assiette rétrécie!

Si vous avez entre quinze et vingt plats sur le menu, n'oubliez pas d'emmener une loupe!

J'ai pris les entrées pour des zakouskis, appréciant la carotte fermentée mais laissant tomber le bâtonnet croustillant à la peau de porc.

Je n'ai pas pris mon téléphone pour prendre tous les plats en photo. Franchement...une petite asperge coupé en tronçons isolée au milieu d'une grande assiette, cela ne vaut pas un cliché!

Mais lorsque j'ai vu arriver l'oeuf, alors là, j'ai craqué. Enfin un plat qui me parlait. Il était tout mignon, un peu perdu aussi mais je l'ai trouvé craquant! Un minuscule petit jaune d'oeuf dans sa coquille surmonté de quelques fleurs gracieuses. Voilà exactement ce qu'il me fallait pour me consoler. Non seulement il était beau mais il était bon avec enfin une saveur de prairie fleurie en pleine saison des graminées.

Une seule cuillère (à café!) aura suffit pour que le rêve passe mais j'en garde l'émotion!

oeuf à la coque

Les plats se succèdent à grande vitesse mais cela n'a pas d'importance, vous n'avez pas besoin de vous arrêter pour chercher le nom d'une saveur oubliée parce que justement on avait dû l'oublier!

Il y a quelques années, le chef de ce restaurant (absent ce jour!) n'avait sans doute pas une ribambelle de jeunes chefs sous ses ordres et devait passer son temps derrière les fourneaux. Je lui trouvais beaucoup de talent. On pouvait se questionner à chaque plat sur la préparation d'une sauce, le goût d'une herbe aromatique ou la technique d'un bâtonnet de chocolat qui vous éclate sur la langue, au moins c'était amusant!

La seule chose qui m'a amusé cette fois c'est de voir les jeunes chefs (tous très sympathiques!) défilaient chacun leur tour présentant leurs plats dont la description était largement plus longue que le temps qu'il fallait pour la déguster et tout ça en anglais!

Mais bon sang de bonsoir, à part le petit oeuf de poulette de barbarie, pouvions-nous espérer être encore étonné? Et bien oui, le clou du clou, l'apothéose du déjeuner intellectuel est arrivée devant mes yeux, ne sachant pas s'il fallait rire ou pleurer!

tartelette

Un crâne de porc surmonté d'une petite tartelette de cervelle de porc...évidemment!

La table est restée en silence quelques secondes, les yeux fixés sur la mâchoire garnie d'une dentition plus ou moins édentée. La petite tartelette, perdue comme un cheveu dans la soupe, tenait au sommet du crâne. Là je me dis que mon intellect doit se mettre en marche au risque de passer pour une gourde!

Mais rien ne vient, pas la moindre réflexion Nitchéennne. A ce moment, j'ai enfin compris que la cuisine intellectuelle se transformer en cuisine nombrilistique ( absent au dictionnaire! ). Le squelette est reparti avec sa cervelle.

Heureusement les desserts ont fait tomber la vapeur. Ils étaient aussi calmes qu'inexistants. Je n'en ai gardé aucun souvenir.

Si je ne donne pas de nom c'est tout simplement parce que je voulais seulement vous parler de l'évolution de la gastronomie car ce qui est intéressant à savoir c'est que ce restaurant est très bien classé et les critiques sont en général excellentes.

Comme quoi tous les goûts sont dans la nature!

Ma décision est prise, j'y retournerai dans quatre ans!

Pour en terminer avec la cuisine, je voudrais vous signaler le très joli blog de Delphine qui vient de changer d'adresse: Le plaisir des mets.

Demain je cuisinerai sa salade de pommes de terre nouvelles aux petits pois frais.

Comme une envie de revenir au plaisir simple!

salade de pommes de terre

Rédigé par KineKelly

Publié dans #restaurant gastronomique, #salade de pommes de terre

Commenter cet article

Le banc moussu 08/07/2014 22:03

Oui mais là on ne parle plus de l'oeuf de l'oison'! Qu'est il donc devenu?

Eightdaysaweek 20/06/2014 18:35

Quelle horreur! La mâchoire de porc.....
Quel mauvais goût.
Je suis tout a fait d'accord avec toi. Certains cuisiniers ne savent plus comment se faire remarquer. Revenons a la simplicité et aux bons produits et.....en quantité suffisante

Triskell 10/06/2014 23:21

Kinekelly en critique gastronomique, j'en redemande. Quelle fatuité ! Quel mauvais goût ! Je pense que si ce "chef" avait mis sa cervelle en tartelette, elle aurait été encore plus petite que celle de ce pauvre porc.
Et après ce moment de bravoure si bien décrit mais malgré tout pénible à imaginer, LA BEAUTé ! Celle d'une magnifique assiette de pommes de terre et de petits pois : une œuvre d'art, et de ma part ce n'est pas ironique, crois-moi.
Le blog de Delphine est désormais dans mes fav'.

OcéAnna 10/06/2014 10:33

Oublions le snobisme en cuisine et revenons aux plaisirs simples.
Mais le "coup de la mâchoire" là c'était le summum du mauvais.... gout !
Une petite visite chez Delphine s'impose. ;-)

Christelle 08/06/2014 15:31

Ah, les goûts et les couleurs ... pour certains, ce sera un moment gastronomique original et pour d'autres, une déception ! A te lire, on a compris dans quelle catégorie ce repas t'aura menée !

Martine 08/06/2014 14:29

Je retiens le blog de Delphine!!

monesille 06/06/2014 22:45

4 ans ??? 40 ans tu veux dire ! Quelle horreur !

lobrojar 06/06/2014 14:55

Je ne vais pas. vous demander l'adresse , par-contre je vais aller faire un ptit tour du côté de chez Delphine .
Bon wk

Laurence

christine 06/06/2014 09:16

Même souvenir que toi...(Resto étoilé) Arrivée d'une assiette avec des tas de compartiments remplis de petites choses et le serveur passant 3mns à expliquer...à la manière des hôtesses de l'air : "alors devant vous avez, sur les côtés vous avez.." etc ! Expérience expérience..mais c'était bon tout de même ! Bises

Isabelle 57 06/06/2014 02:15

Bonjour parlons cuisine simple ou classique au Québec ,la queues de castor ,pour la première fois
Très bon ,,,,(c'est un gâteau ) !