Publié le 26 Mars 2016

Depuis quelques jours, j'ai ce mot étrange qui me passe pas la tête: la procrastination.

Je remets toujours au lendemain ce que j'aimerais faire aujourd'hui, et cela fait des mois que ça dure.

Evidemment j'exécute les taches journalières, celles qui correspondent à ce que l'existence ne soit pas changé en fouillis intégral.

© chalabala

Partie en décembre dans les glaces polaires, nous sommes déjà en mars et je n'ai toujours pas classé mes centaines de photos. D'après vos super commentaires, certaines avaient déjà préparé le bonnet et les bottes fourrées. J'espère que vous n'avez pas trop chaud parce que voilà...je procrastine dur!!

Alors maintenant ça suffit, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de me pencher sur la résolution de ce problème.

Si ce mot étrange est arrivé dans mes pensées sans que je l'y invite c'est qu'il y a une raison.

J'ai cherché...J'ai trouvé.

Fotolia. Auteur : meldes

Qu'est ce que la procrastination?

Comme je me réfère souvent au définition de l'internaute, je lis ceci:

Sens 1: tendance psychologique à reporter à un moment ultérieur.

Sens 2: action de remettre à plus tard.

Le premier est psychologique, le deuxième vous enlève l'idée que votre tête ne tourne pas rond, mais l'action est la même.

J'ai mené ma propre enquête pour savoir si j'étais vraiment une procrastinatrice

Selon le professeur agrégé de psychologie à l'université de Paul à Chicago (à croire qu'en France, personne ne s'intéresse à ce problème), le professeur Joseph Ferrari (un nom prédestiné pour carburer à double tours!) pense que les personnes qui procrastinisent savent très bien gérer leur temps mais ne respectent pas l'organisation de leur emploi du temps.

Là, je me reconnais!

Qui ne marque pas sur son agenda des rendez-vous soi-disant à ne pas manquer mais qui s'amuse à les changer de place.

Ne seriez-vous pas un peu procrastinatrice?

Sur ce sujet, je peux vous aider à trouver la réponse par un questionnaire dont je ne vous demanderez pas de regarder le résultat!

  • Ne reportez vous pas au lendemain ce que vous pouvez ou devez faire le jour même?
  • Est ce que vous payez vos factures à temps ou remettez vous cela à un jour ultérieur, quitte à récolter des amendes.
  • Est ce que vous faites vos achats de Noël au dernier moment bien que vous vous étiez juré que cette année vous vous y prendriez dès le 1er janvier? (Aïe, aÏe, aïe!, je fais ça tous les ans!)
  • Vous programmez d'aller voir une super pièce de théâtre, mais vous vous y prenez la veille de la dernière représentation et tout est déjà réservé.

Mais qu'est ce que vous attendez pour agir?

Auteur : javier brosch

Loin de moi d'être juge mais au moins, quand on met le doigt sur le problème, il y a toujours une solution pour le résoudre.

Selon ce professeur, il s'agirait plus d'un problème d'autorégulation et de self-contrôle.

Pour le self contrôle, cela me parait évident, mais pour l'autorégulation, j'ai du faire des recherches.

Qu'est ce que l'autorégulation?

En cherchant une explication claire et précise, je me suis beaucoup amusée sur ce terme qui vous mène droit sur une recherche complexe de notre propre personne.

Attention, nous avançons...doucement!...

L'autorégulation est la capacité d'un système (en l'occurence, nous!), à se réguler lui-même en cas de perturbation interne ou externe, sans intervention extérieure.

Les anglos-saxons appellent ce phénomème, le feed-back.

On ne va pas chercher plus loin pour l'instant, pour ne pas ajouter une touche de complexité à cette étude.

Toujours d'après Ferrari, les procrastinateurs ont tendance à boire plus d'alcool que la moyenne, ce qui est un signe de manque d'autorégulation.

Ouf! j'échappe au moins à ce phénomène, je suis une vraie bombonne d'eau!

Evidemment, je n'en suis pas restée là.

 Auteur : chabd

Pourquoi utilise t-on la procrastination?

J'ai lu qu'une neuropsychologue de New York avait mené une étude sur 212 étudiants en leurs soumettant un questionnaire évaluant la proscrastination.

Cette étude montre que la procrastination serait peut être l'expression de dysfonctions subtiles des fonctions exécutives chez des gens par ailleurs en bonne santé neuropsychologique.

Alors si j'ai bien compris, j'aurais un défaut de fonctionnement d'une grande finesse, (puisqu'il est subtil!) des fonctions exécutives, c'est à dire, répondre à des situations nouvelles pour lesquelles il n'y a pas de solutions toutes faites, comme toutes situations qui vous demandent de prendre des décisions ou d'élaborer un plan d'action.

Mais pour me consoler, je suis en bonne santé neuropsychologique...ouf!

  1. Pourquoi ce mot bizarre ne m'a pas lâché pendant ces derniers jours?
  2. Pourquoi je n'arrivais pas à me mettre devant mon bureau pour vous envoyez mon article.
  3. Pourquoi je n'arrive pas à m'installer dans l'atelier pour confectionner le coussin XXL que j'ai promis à mes chiennes?!
  4. Pourquoi je ne commence pas le ménage de printemps, vider les armoires, changer les meubles de place, bouleverser la cuisine et j'en passe!
  5. Pourquoi je n'arrive pas à mettre en place le projet de graphisme que j'étudie depuis des mois, disons même des années!

Je remettais toujours au lendemain le classement de mes centaines de photos.

Quelle est cette laisse qui me retient?

© cartoonresource - Fotolia.com

Après avoir compris le sens de la proscratination et l'autorégulation, qu'est que je fais avec cette mixture pour m'en débarrasser?

Quelles sont les racines de la procrastination?

La procrastination est connectée avec un manque de confiance en soi. En fait, je me suis rendue compte que le problème était vraiment complexe et j'ai vraiment envie de le simplifier, car aux dires de tout ce que j'ai lu, la recherche sur la racine de cette attitude, fait plancher beaucoup de professeurs, de psychologues, de spécialistes en comportement humain et j'en passe!

Si j'observe mon propre cas (sans faire de nombrilisme!), depuis quelques mois, je remets à plus tard, des taches qui présentent un grand intérêt personnel.

Par conséquent, cela ne devrait procurer aucun ennui bien au contraire.

Je me sers d'excuses toutes aussi stupides les unes que les autres et je jalonne le chemin de la réussite de mes actions par des "on verra plus tard" ou "je n'ai pas le temps", je dois d'abord faire ceci ou cela" etc. Ensuite, évidemment, je culpabilise mais ça ne fait pas avancer le schmilblick!

​A force d'écrire sur ce sujet, j'entrevois une solution.

  1. Mettre sur papier les réalisations aussi minimes ou aussi grandioses soient-elles, pourvu qu'elles aient une grande importance à nos yeux.
  2. Inclure ces taches au moins une fois dans la journée.
  3. Se fixer des buts à court terme.

Par exemple, s'asseoir devant son ordinateur et commencer un article en se permettant de l'enregistrer pour le continuer le lendemain.

Ces actions doivent être faites tous les jours même pour cinq minutes!

J'écris sur le tableau noir de la cuisine ce que j'ai à faire le lendemain, comme ça, le soir j'efface avec plaisir l'exécution de mes tâches avec un sourire intérieur satisfait!

Je me suis rendu compte que j'avais encore du mal à le faire pour toute la semaine.

Par exemple, comme je donne des cours de dressage (non, pas avec les hommes mais avec les chevaux!), j'ai déjà du décommander deux cours programmés cette semaine pour surabondance de rendez-vous aux mêmes heures! Lamentable...

© artSILENSEcom

Pour mon périple en Antarctique, je suis rentrée le 7 janvier. J'avais bien l'intention de vous faire partager le voyage et nous sommes déjà le 6 mars. Je procrastinise, c'est évident!!

Quand aux chiennes, elle me regardent en haussant les sourcils (ça a des sourcils, un chien?!) et finissent par se coucher sur un coussin aux poils synthétiques, en rêvant de ce qui les attend, à savoir, une superbe couette enveloppée dans un magnifique tissu en lin ornée de portraits à leurs effigies.

On peut toujours rêver, mais c'est bien un projet!

Si les intentions sont bien exécutées du jour au lendemain, alors on peut programmer ces tâches pour toute la semaine, mais surtout pas plus!

Ensuite, je prends mon élan!

  1. Vous aurez votre reportage avant la fin du mois d'avril.
  2. Mes chiennes auront leur coussin avant le 31 avril. C'est écrit.
  3. Je vais repeindre le bureau avant les deux semaines qui viennent. C'est gonflé mais c'est écrit aussi!

J'ai, bien sûr, d'autres projets d'une ampleur beaucoup plus pharaoniques, mais commençont petit pour arrêter le processus de procrastination.

 Auteur : acfrank

En me levant ce matin, la météo n'était pas présente pour m'aider. Comme si tout se présentait pour proscaniser dans ma cabane.

Pas question de faillir à mes résolutions. Neige ou tempête, je commence le programme de libération.

Je vais m'autoréguler (justement je viens de faire chauffer la voiture, c'est bon signe!). Je regarde mon tableau noir dans la cuisine et je démarre sur les chapeaux de roue!

Mon message personnel:

Surtout, ne pas s'en vouloir, dédramatiser, gardez le sourire.

Arrêter de se culpabiliser d'être stoppé pendant quelques temps dans ses élans créateurs.

Savoir s'arrêter un moment pour comprendre ce processus afin de le démanteler

Oser...un petit peu...un peu...un peu plus...beaucoup...beaucoup plus...énormément.

Pour terminer, j'ai bien aimé le point de vue de Teresa Amabile, professeur à Harvard (pour vous dire comme ce sujet est important!). Teresa juge que la procrastination est bénéfique dans la plupart des situations.

" C'est la façon qu'à notre esprit de nous dire qu'il ne parvient pas à voir de plan bien organisé. Soit l'objectif n'est pas logique, ou notre façon de le réaliser n'est pas crédible. Les gens qui réussissent et qui sont productifs ne choisissent pas joyeusement un objectif pour foncer tête baissée dedans ensuite. Ils prennent le temps de rassembler des éléments, ils étudient ceux qui ont réussi, et ceux qui ont échoué. Lorsque, finalement, ils se décident à agir, la proscratination est rarement un problème. C'est l'engagement qui vient de la profonde compréhension d'un défi, et non la volonté, qui mène au succès."

Quand on se lance un défi, en effet il vaut mieux bien le comprendre avant de l'exécuter, la volonté vient naturellement, souvent même sans qu'on s'en aperçoive.

Regarder l'exemple que nous donne Diana Nyad. Elle avait abandonné son rêve à 28 ans, elle a décidé de le réussir à 64 ans. Regardez la vidéo de son histoire, cela vous enlèvera toute idée de procrastination!

Je vous souhaite un océan de bonheur. C'est le moment de se jeter à l'eau!

Alors, fini la procrastination?

les manchots en Antarctique